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#1 Eloquent - Lumière - ManabexKamui

Titre : Lumière.

Auteur : Lie-chan.

Couple : Manabe x Kamui.

Thème : Eloquent.

Lot de thèmes : #4

Rating : général

Disclaimer : Manabe appartient à Natsuki Takaya ; Kamui et le Campus Clamp appartiennent aux Clamp. Ce qui veut dire qu’à moins d’un miracle ou d’un putsch mangaien, ce couple ne se matérialisera jamais. *soupir*

Note : ce oneshot est inspiré par une fic crossover Fruits Basket/X, encore en projet ; pour le rendre faisable, je transfère les personnages de Fruits Basket du lycée Kaïbara au lycée du Campus Clamp.

L’idée de défilé vient de KTL ; je refuse d’en être tenue responsable XD.

 

Lumière.

 

La lumière s’alluma d’un coup ; Kamui plissa les yeux, blessé par la soudaine clarté, et recula autant que possible. La foule le rendait nerveux, les acclamations le rendaient nerveux, l’idée même d’être ici le rendait nerveux.
Comment avait-il pu se laisser entraîner dans cette histoire ?

 

***

 

 Manabe avait préparé son discours avec une minutie qu’aucune personne le connaissant un tant soit peu n’aurait cru possible. Il avait relu chaque mot, chaque phrase, y mettant tout son cœur, toutes ses capacités, et toute son éloquence, ce qui faisait déjà pas mal.

Maintenant, tout était réglé à la virgule prêt. Ce serait parfait, ça ne pouvait qu’être parfait.

Pour une fois qu’une de ses idées était acceptée… un peu en désespoir de cause, peut-être, mais acceptée, et presque sans lutte (Naohito avait hurlé qu’il était totalement irresponsable, stupide, et inconscient, mais Naohito hurlait toujours, alors ça n’avait pas grande importance. Yun-Yun avait eu l’air accablé, l’espace d’une seconde, et Manabe avait préféré faire semblant de n’avoir rien vu.). Kimi l’avait même soutenu avec beaucoup d’enthousiasme.
C’était tout dire de la catastrophe qui s’annonçait. Mais, bien sûr, Manabe ne s’en rendait pas compte.

 

 Pour son premier jour au Campus Clamp, Kamui avait eu affaire au délégué de sa classe, Keiichi Segawa, toujours joyeux, toujours souriant, au point qu’il en avait presque le tournis.

A cause de ce bonheur si simple et si évident, mais aussi, sans doute, à cause de la classe d’une manière générale – il n’avait jamais été très à l’aise avec les autres.
Et après les derniers évènements, il lui semblait encore plus nécessaire de s’éloigner. Ne pas s’attacher aux autres, ne pas les laisser approcher…
Après tout, quelle importance ? Il avait toutes les chances de mourir d’ici quelques mois, ou quelques semaines, ou quelques heures, il ne savait pas, il ne pourrait jamais savoir.

C’était sans doute la partie la plus difficile.

Ne pas savoir où et quand un autre dragon de la terre frapperait, où et quand un autre kekkai s’effondrerait…

Ne pas savoir s’il survivrait au prochain tremblement de terre…
Et réaliser qu’il n’était pas sûr de vouloir y survivre…

Kamui secoua la tête, dans une vaine tentative de chasser ces pensées qui ne le quittaient plus depuis presque trois mois.

Il fallait tenir le coup.
Pour Kotori qui n’aurait pas voulu qu’il abandonne ; pour Fuma qui pouvait encore être sauvé.

Un frisson, et il s’efforça de penser à autre chose. Tout, sauf à lui.

Il avait réussi à s’extirper de la salle de classe. Segawa avait pourtant insisté pour l’accompagner, demandant à déjeuner avec lui, et lui parlant de quelque chose, Kamui ne savait plus quoi, il s’en moquait, quelque chose qui se passerait dans la salle de spectacle pendant la pause-déjeuner et qu’il ne fallait surtout pas rater.

Mais Kamui le raterait quand même, parce qu’il y aurait sûrement du monde, du bruit, et c’était bien la dernière chose dont il avait besoin.
C’était sans compter sur le destin qui, une fois de plus, infléchit sa trajectoire.

Et Kamui, tournant au coin d’un couloir, rentra de plein fouet dans un jeune homme aux cheveux et aux yeux noirs et fut projeté contre le mur.

 

 Manabe cilla. Pressé d’arriver à la salle de spectacle pour, enfin, connaître son heure de gloire, il n’avait pas fait attention et avait heurté un adolescent qu’il ne se rappelait pas avoir déjà vu ici.

C’était étrange : une beauté pareille, il n’aurait pas dû, il n’aurait pas pu passer à côté. Et d’ailleurs, qu’est-ce qu’une telle œuvre d’art faisait dans les couloirs à cette heure ? Il aurait dû être dans la salle de spectacle, et pas parmi les spectateurs !

L’adolescent se redressa finalement, et Manabe se rappela qu’il l’avait bousculé assez violemment…

« - Désolé ! Je ne regardais pas où j’allais… »

L’adolescent lui fit signe que ce n’était pas grave et fit mine de s’en aller. Manabe écarquilla un peu les yeux – non, il ne pouvait pas le laisser partir comme ça ! Son heure de gloire se transformerait en triomphe s’il réussissait à entraîner l’adolescent dans son sillage…

Manabe retint le jeune homme par le poignet.

Frémissement. Comme si l’inconnu craignait ce contact… Manabe balaya cette idée d’un haussement d’épaules. Chaque chose en son temps.

« - Je ne me rappelle pas t’avoir déjà vu ici. Tu es un des nouveaux ? »

Trois nouveaux devaient faire leur premier jour aujourd’hui, deux en troisième année, un en première. Manabe s’en souvenait parfaitement – leurs dossiers scolaires lui avaient malencontreusement servi de repose-pied, ce qui avait enragé Naohito, comme toujours. Le jeune homme hocha la tête. Sans rien ajouter. Manabe sentit un silence pesant s’installer, et enchaîna aussitôt.

« - Kakeru Manabe, se présenta-t-il. Je suis le vice-président de l’Armée de Défense du Lycée. »

Bref silence abasourdi. L’autre le regardait comme s’il était fou.

« - …, répondit-il»

Manabe sentit une goutte de sueur parcourir sa tempe. La communication n’allait pas être facile, avec celui-là…

« - Et… tu es ?

-… Shiro Kamui. »

Manabe hocha la tête. Kamui… un nom peu commun. Et bien, Kamui, bienvenue au Campus Clamp, bienvenue au lycée, dommage, tu aurais mieux fait d’éviter de croiser mon chemin, si tu voulais être tranquille…

 

 Kamui sentit l’attention de Kakeru se relâcher, et en profita pour s’éloigner. Mais il ne fit que quelques pas avant que l’autre ne le rattrape.

« - Ah ! Attends ! »

Kamui ferma les yeux.

Non. Il voulait juste rester seul. Ne plus se laisser approcher, ne plus laisser les autres l’atteindre, il allait bientôt mourir, c’était tout, qu’il le laisse tranquille, il ne demandait rien d’autre…

« - Qu’est-ce que tu fais dans les couloirs à cette heure ? demandait Kakeru. Tu n’es pas au courant, pour le défilé ? »

Kamui haussa les épaules.

« - Il faut absolument que tu y ailles, tu sais. »

Il ne le voulait pas.

« - Je peux t’y conduire. J’y vais, de toute façon. »

Il ne voulait plus s’attacher aux autres, ça faisait trop mal.

Kakeru lui prit le poignet.

« - Allez. »

Et Kamui n’eut pas le courage de se dégager ; et il se laissa entraîner vers la salle de spectacle.
Et vers des ennuis insurmontables…

 

 Kamui avait fermé les yeux et s’était plaqué au mur, pale comme un linge.

« - Ne vous approchez pas de moi avec ça, siffla-t-il. »

Et il y avait tellement de venin dans sa voix que les deux jeunes femmes reculèrent aussitôt. Intérieurement, Manabe sourit. Au moins, cela prouvait que l’adolescent pouvait prononcer des phrases longues et complètes.

« - Mais, Shiro-kun ! protesta-t-il.

-          Non !

-          Je t’assure, un grand nombre de première années participent à ce défilé…

-          J’en suis ravi pour eux.

-          C’est l’affaire d’une minute, insista Manabe. Il s’agit juste de monter sur la scène, et…

-          Jamais, répondit Kamui. »

Manabe leva les bras, signe d’impuissance, et laissa échapper un bref soupir.

« - Pourtant, tout le lycée se réjouit de ce défilé… c’est pour ça que nous, l’Armée de Défense du Lycée, avons cherché les élèves les plus mignons et…

-          Et vous m’avez trouvé. Maintenant, laissez-moi sortir.

-          Mais Shiro-kun… »

Kamui était en train d’envisager sérieusement de se frayer un chemin à travers le mur grâce à ses pouvoirs, quand la porte s’ouvrit. L’adolescent sentit un immense soulagement l’envahir. Il était enfin sauvé…

A moins que les personnes qui n’arrivent ne soient venues pour l’enfoncer ?

Manabe se retourna, surpris, comme Naohito, toujours furieux, et Yuki, toujours accablé, entraient dans la pièce. Naohito se jeta presque sur lui, rouge, fulminant, bref, dans un état parfaitement naturel.

« - Mais qu’est-ce que tu fais ? Tu as déjà dix minutes de retard ! On t’attend pour commencer ! râla-t-il

-          Mais, il manque un modèle… »

Kamui ferma de nouveau les yeux. Il aurait tout donné pour sortir d’ici.

« - Manabe, ils vont tous partir si tu les fait trop attendre… remarqua Yuki.

-          Mais…

-          De toute façon, je ne participerais pas, répéta Kamui.

-          Mais…

-          Je croyais qu’on s’était mis d’accord ? Pour ne forcer aucun élève à participer ? reprit Yuki. »

Kamui prit ça pour la libération qu’il attendait depuis longtemps et en profita pour fuir, esquivant Manabe qui tentait encore de le retenir.

Enfin sorti de cet enfer, il respira un bon coup.
Et, sans trop savoir pourquoi, se dirigea vers le côté spectateurs de la salle des spectacles, plutôt que de s’enfuir définitivement.

 

 Manabe, un peu déçu, mais résigné, s’avança sur l’estrade. Et aussitôt, il oublia sa déconfiture précédente : c’était son heure, son projet, son discours ; c’était tout ce qui comptait.

Ça, et une paire d’yeux qui l’observaient depuis le fond de la salle… Manabe sourit, et commença à parler, répétant ces phrases qu’il connaissait par cœur.

« - Je vous présente le défilé en yukata des élèves du lycée… »

 

 Kamui avait reculé autant que possible, s’adossant au mur, tout près de la porte pour au cas où un autre fou aurait envie de le forcer à participer au défilé. 

Jusqu’au dernier moment, il faillit sortir. Après tout, il n’avait aucune envie d’être là, encore moins après ce qu’il venait de subir. Ce défilé, il ne voulait que le fuir, autant que possible…

Puis Manabe commença à parler.

Kamui cilla, saisi par le timbre chaud et agréable du jeune homme. Il l’avait déjà remarqué lors de leur rencontre, dix minutes plus tôt – une voix musicale, un peu apaisante.

Mon dieu. Depuis quand est-ce qu’il prêtait attention à des détails pareils ?

Mais il y avait définitivement quelque chose, dans ce ton engageant, dans ce discours calme et absurde, dans l’éloquence raffiné du jeune homme, quelque chose qui lui donnait envie de l’écouter…

Comme si ces paroles pouvaient le ramener à la réalité, l’éloignant de son propre univers, celui où la fin du monde était proche, celui où il risquerait toujours sa vie…

Le ramenant à ce qu’il aurait dû être.

Un adolescent sans histoire.
C’était cette voix qui l’avait attiré, déjà, qui l’avait poussé à le suivre.

Et Kamui se dit qu’il l’avait vraiment échappé belle, ce soir. Parce que si les deux autres n’étaient pas arrivés, il aurait sûrement fini par lui céder, encore une fois. Et se serait retrouver en yukata sur la scène…

Cette simple pensée le fit rougir, et il décida aussitôt de l’ignorer obstinément pour se concentrer sur la voix.
Et uniquement la voix.

 

***

 

Et au cœur des ténèbres, une lumière s’était allumée.

Faible, inconstante, et prête à s'éteindre au moindre souffle, au moindre choc. Une toute petite, toute vacillante, lueur d'espoir.

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